Il y a cent ans, le 11 novembre 1918, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, des millions d’hommes ont déposé leurs armes.

C’était le jour de l’Armistice, la fin de la Première Guerre mondiale.

L’Allemagne, dernière puissance belligérante parmi les puissances centrales, s’était effondrée sur les plans militaire, économique et politique.

Le jour de l’Armistice – plus tard connu sous le nom de jour du Souvenir – a depuis été commémoré chaque année.

La fin de la guerre

Le 11 novembre 1918, à bord du wagon de train du maréchal Ferdinand Foch, quelques dignitaires d’Allemagne et des principales nations alliées signèrent un bref document ordonnant un cessez-le-feu, effectif à partir de 11 heures. Ce faisant, ils ont mis fin au carnage mondial qui avait commencé en août 1914 et avait tué plus de 10 millions de combattants et 6 millions de civils.

Cependant, bien que ce document ait mis fin aux combats, il n’a pas officiellement mis fin à la guerre. En effet, l’Allemagne avait cherché à obtenir un armistice afin de négocier un traité de paix officiel. Cette paix fut assurée huit mois plus tard, le 28 juin 1919, lors de la Conférence de Paix de Paris.

L’Armistice n’a pas non plus résolu les conflits localisés résultant de la guerre. Celles-ci ont fait rage dans certaines parties de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient jusqu’au début des années 1920.

Mais pour la plupart des pays qui ont participé à la Première Guerre mondiale, l’armistice du 11 novembre était le jour où les combats ont finalement pris fin, et c’est pourquoi il est devenu un événement commémoratif majeur partout dans le monde.

Le premier jour de l’Armistice

Le premier jour de l’Armistice, le 11 novembre 1918, les foules applaudissaient dans les rues des pays alliés comme la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, la France et la Belgique. Les gens se réjouissent de la fin d’une période de mobilisation totale qui a touché tous les aspects de leur vie, infligeant des souffrances sans précédent aux soldats comme aux civils.

Mais pour ceux qui avaient perdu la guerre, la nouvelle de l’armistice fut un choc. Alors que certains étaient soulagés que le conflit ait pris fin, l’effondrement soudain des empires allemand, austro-hongrois et ottoman a fourni un terrain propice aux mouvements révolutionnaires et à d’autres conflits internes. Pour eux, le jour de l’Armistice fut un moment d’angoisse et d’amertume.

Le deuxième jour de l’Armistice (1919)

Après sa première itération, le jour de l’Armistice est devenu une commémoration plus formelle et plus sombre, et a souvent eu lieu dans des monuments aux morts. Les gens ont été encouragés à se souvenir des morts avec respect et solennité.

Un temps de silence a été consacré à la cérémonie et est au cœur des commémorations du jour du Souvenir depuis lors. En Grande-Bretagne, le roi George V a demandé un silence de deux minutes, qui a été observé à partir de 1919 à travers le Commonwealth. En France, la minute de silence a été instituée en 1922.

Le silence signifiait du temps pour la contemplation, la réflexion, l’introspection et, surtout, le respect. Dans les empires multiconfessionnels où l’athéisme progressait, le geste pouvait commodément remplacer une prière.

Le jour du Souvenir était considéré comme un devoir civique pour plusieurs, et les anciens combattants jouaient souvent un rôle de premier plan dans sa commémoration.

À partir de ce moment, le jour de l’Armistice est devenu de plus en plus connu sous le nom de jour du Souvenir. L’accent n’était plus mis sur l’armistice et la fin de la guerre : c’était devenu un jour pour se souvenir, pleurer et honorer ceux qui étaient morts.